L’année 2011 s’achève, une année bien mouvementée mais très profitable pour mon compte personnel puisque j’ai terminé l’année sur une belle progression de 102.96 %, l’essentiel de mes gains ayant été réalisés durant le deuxième semestre. Une année bien agitée donc, très volatile suite à divers évènements: Fukushima, Grèce, dégradations en série… Mais finalement, l’année n’a pas été si cahotique que cela. Sur un an, les indices européens ont perdu du terrain (tel le CAC avec son décevant -16.95%), certes. Mais les indices US sont restés flat, le S&P500 n’a perdu que 0.003%, le Nasdaq un peu plus que cela, et le DJIA est parvenu a engranger 5% de progression, véritable découplage entre eurozone et USA. L’euro? Eh bien là encore sur un an, la baisse n’est pas exceptionnelle puisqu’elle n’est que de 3 %. Retour à la case départ en somme. Pas de sortie de la zone Euro, pas de faillites en chaine, 2011 me semble avoir été une année cacophonique plutôt que chaotique. D’ailleurs, quoi de plus cacophonique qu’un sommet europeén?
En réalité, ces performances annuelles cachent une volatilté importante et une intervention massive et désordonnée des institutions. Pour moi, 2011 restera caractérisé par le retour de l’Etat et des banques centrales au premier plan, mais ce retour n’a pas toujours été un succès, confère la situation en zone Euro où gouvernements et BCE ne parviennent semble-t-il pas à trouver un juste équilibre entre relance et austérité. Car c’est bien là le problème, personne ne semble aujourd’hui capable de définir de véritables priorités: réaliser des économies pour stopper le flot continu des émissions de dette ou bien tenter une nouvelle fois de relancer l’économie avec l’argent du contribuable, ou devrais-je dire avec de nouvelles émissions obligataires qui viendraient s’ajouter à l’océan de dette existant? Car la question doit être posée, malgré l’approche d’élections dans de nombreuses Nations dont la France et les USA. Les inquiétudes qui pèsent aujourd’hui sur l’économie mondiale résultent avant tout du fait que la croissance est trop molle pour compenser l’endettement grandissant des Etats “riches”.
J’aimerais rappeler ici quelques faits qui, à mon avis, expliquent beaucoup de choses:
-US debt to GDP ratio = 100%. Et un président qui répète les mêmes choses depuis 2008, tandis que l’opposition républicaine semble oublier l’intérêt du pays. Gordon Tullock (école du Public Choice) avait raison.
-Budget 2012 au Japon: la moitié des “recettes” de l’Etat proviendront d’émissions obligataires pour la 4ème année consécutive. Et la popularité du gouvernement Noda s’effondre. L’année 2012 devrait également être l’année durant laquelle le marché des couches pour adultes dépassera celui des couches pour enfant, ce qui est particulièrement prometteur.
-Chômage en France sur le point de dépasser les 10% avec un gouvernement INCAPABLE et des candidats pour la présidentielle qui le sont tout autant. Cela me fait terriblement mal de l’écrire, mais le fait est que je suis désormais orphelin en politique dans mon propre pays. Je suis particulièrement amer vis à vis de mon pays puisque personne ne semble savoir quoi faire. Un peu de TVA sociale, quelques mots pour plaire à ATTAC et à mes compatriotes gauchisants, Dieu sait s’ils sont nombreux, un peu d’austérité… Bref un peu de tout, beaucoup de rien, il faut bien conserver l’exception française.
>> N’est-ce pas la preuve que la mise sous perfusion permanente de l’économie ne fonctionne pas et qu’il faut utiliser le budget de l’Etat comme une variable d’ajustement, et pas comme une composante essentielle?
Puisque rien n’a été résolu en 2011, il y a fort à parier que 2012 sera une année agitée elle aussi. C’est d’ailleurs en 2012 que le calendrier Maya se termine, c’est donc… une excellente opportunité pour vendre n’importe quoi à des gogos. C’est en 2012 que l’Europe choisira entre austérité et relance.
Selon moi, il faudra impérativement que les gouvernements apprennent à vivre sans de nombreuses dépenses inutiles, quitte à retirer quelques points de croissance, et surtout qu’ils parviennent à définir de véritables priorités. Pourquoi s’entêter à sauver des secteurs en crise alors qu’aider des secteurs porteurs permettrait de créer plus d’emplois et serait bénéfique à la société? Pourquoi attiser les tensions sociales (comme Obama l’a fait, j’en suis convaincu, lorsqu’il visait les “millionnaires” qui voyagent en jet privé, avant de rectifier le tir, sans doute craintif de perdre ses soutiens pour 2012). Le seul hic dans mon raisonnement est que je ne tiens pas compte de la base, de ces “99%” (qui en fait sont beaucoup moins mais peu importe), qui peut réellement avoir un impact sur des nations développées. J’ai bien peur que, pour s’en sortir, l’Europe ait à renoncer à certaines dépenses, sans quoi nous risquons bien de boire la tasse dans notre océan de dette.
Mes prédictions sorties de ma boule de cristal pour 2012:
- Persistance des tensions sociales, qui pourraient potentiellement se transformer en révoltes.
- Un marché toujours intimement lié aux nouvelle/rumeurs (headline driven)
- Obama échoue à renouveler son mandat.
- Le chômage reste à des niveaux élevés mais n’explose pas (merci les papyboomers)
- L’or perd du terrain (sauf en cas de nouvelles mesures d’assouplissement monétaire aka QEx).
- Un incapable sera élu président en France.
- Le S&P500 termine l’année en légère baisse, la volatilité reste importante.
Pour le moment, 2012 débute sur une note positive, reste à déterminer s’il s’agit simplement du traditionnel “january effect” ou bien d’un réel changement de sentiment. Comme d’habitude, j’aurai les yeux rivés sur les statistiques de l’emploi et de la croissance aux USA, car tant que les USA tiennent bon le pire sera évité. Il est très vraisemblable que le découplage observé ces derniers mois entre Eurozone et USA au niveau des indices boursiers ainsi que des données macroéconomiques ne dure plus très longtemps. Les optimistes verront l’Europe rattraper le terrain perdu et rejoindre les USA dans une phase relativement positive (mais pas formidable). Les pessimistes verront les USA rattraper l’Europe dans sa descente aux enfers.
Excellente année 2012.